« On dirait bien que certains secrets ne restent pas longtemps secrets ! » Voilà ce qu’on pourrait dire sur le dernier rebondissement de l’affaire Julian Assange. En effet, notre célèbre fondateur de WikiLeaks a plaidé coupable de violation de l’Espionage Act dans un tribunal fédéral à Saipan, la capitale des îles Mariannes du Nord. Mais attendez de voir le reste de cette histoire surprenante !
Le 24 juin, Assange a été libéré de prison après avoir conclu un accord de plaidoyer avec le gouvernement américain. Ni une ni deux, il a embarqué à bord d’un avion à l’aéroport de Stansted, direction Saipan. Bien que l’accord exige qu’il plaide coupable de « complot pour obtenir et diffuser illégalement des informations classifiées relatives à la défense nationale des États-Unis », Assange n’a pas manqué de se défendre vigoureusement au tribunal.
Selon The Washington Post, Assange a mis en avant son statut de journaliste protégé par le Premier Amendement. « En tant que journaliste, j’ai encouragé ma source à fournir des informations classifiées dans le but de les publier, » a-t-il déclaré. « Je crois que le Premier Amendement me protège. » Cependant, il a aussi reconnu que le Premier Amendement et la loi sur l’espionnage semblent être en contradiction.
Même les espions finissent par se faire espionner…
Un avocat du gouvernement américain n’a pas tardé à riposter, accusant Assange d’encourager les titulaires d’autorisations de sécurité de haut niveau à révéler des informations militaires classifiées et de menacer la sécurité nationale. Rappelons que sous la direction d’Assange, WikiLeaks avait publié des informations sensibles sur les guerres en Afghanistan et en Irak, obtenues par la lanceuse d’alerte Chelsea Manning.
Après de longs débats sur le temps qu’Assange a passé en prison, la juge en chef Ramona V. Manglona a jugé que les 62 mois qu’il a passés à la prison de Belmarsh étaient raisonnables, se rapprochant du temps purgé par Manning. Assange ne passera donc pas de temps supplémentaire en détention américaine, mais il doit quitter les îles Mariannes du Nord immédiatement. À l’heure actuelle, le jet privé qui l’a amené de Londres à Saipan est prêt à le ramener à Canberra, en Australie.
Et voilà une affaire pliée… ou peut-être devrais-je dire une « fuite » spectaculaire ?
Source : Engadget