Comment une startup de la robotique arrive-t-elle à prendre les devants dans une industrie aussi complexe que celle des véhicules autonomes ? Kodiak Robotics semble avoir trouvé la réponse en livrant récemment deux camions autonomes à son client Atlas Energy Solutions pour une exploitation commerciale. S’agit-il du début d’une révolution dans le secteur du transport ?
Atlas, spécialisé dans la logistique pétrolière et la fourniture de sable, a débuté en décembre avec ses camions équipés par Kodiak, opérant dans le milieu extrême du Permian Basin au Texas, sans conducteur de sécurité. En effet, 100 livraisons ont été effectuées sans une présence humaine derrière le volant, d’après Don Burnette, le fondateur de Kodiak. Est-ce là une preuve tangible du potentiel de cette technologie ?
Burnette affirme que « c’est la première fois, à notre connaissance, que le client possède et exploite le véhicule autonome, au lieu que ce soit l’entreprise de véhicules autonomes ». Ceci pourrait-il être le modèle économique du futur pour cette industrie ? Jusqu’ici, Kodiak, à l’instar d’autres entreprises comme Aurora Innovation, s’est concentrée sur des essais avec des conducteurs à bord, mais le véritable objectif semble être la vente de la technologie de conduite autonome.
Mais ce modèle semble déjà porter ses fruits pour Kodiak.
En comparaison, les entreprises de robotaxi comme Waymo ont commencé à revoir leur stratégie initiale d’exploitation exclusive, en préférant des partenariats externes. Doit-on s’attendre à une transformation similaire dans le domaine du transport logistique ? En tout cas, l’accord de Kodiak avec Atlas, une étape clé vers cette indépendance marchande, souligne une approche différenciée axée sur l’autonomie hors route, une sémantique unique avec ses propres défis.
Pourquoi cette focalisation sur l’autonomie hors route peut-elle être rentable plus rapidement que celle sur les autoroutes ? La réponse réside dans la nature inhospitalière et changeante du terrain hors route qui offre néanmoins un chemin plus rapide vers les bénéfices selon Burnette. En effet, Kodiak génère des revenus avec un modèle d’abonnement annuel incluant la technologie et le matériel nécessaires.
En intégrant leurs systèmes avec ceux d’Atlas, Kodiak assure le pilotage autonome sans s’occuper de la logistique. Ne serait-ce pas une manière intelligente de simplifier l’opération tout en restant près des centres de décision ? Avec une expansion prévue au Texas, Kodiak semble prête à renforcer sa présence sur le terrain, avec une équipe déjà déployée à Odessa.
Atlas envisage d’intensifier l’usage de ces camions sans conducteurs au cours de l’année, mais quel sera le prochain grand pas pour Kodiak Robotics sur cette route semée d’embûches vers l’autonomie totale ?
Source : Techcrunch