Avez-vous déjà pensé à ce que votre ADN pourrait raconter si votre salive pouvait bavarder? Eh bien, il semble que 23andMe, la célèbre entreprise de tests génétiques, le découvre à leurs dépens. Avec une data breach de 2023 qui a fait couler plus de salive que de données, et une crise financière digne d’un feuilleton dramatique, 23andMe navigue dans des eaux tumultueuses. Que se passe-t-il lorsqu’une étoile du numérique commence à vaciller?
Autrefois valorisée à un glorieux 6 milliards de dollars, 23andMe a vu sa valeur dégringoler plus vite qu’un skieur sans skis. Les tests ADN autrefois à la mode, sont devenus de vieux souvenirs, et avec une demande en berne et des services d’abonnement qui n’accrochent pas, 23andMe a été sérieusement essoufflée. Et tout cela sans compter la faille de sécurité qui a permis aux hackers de mettre la main sur les données d’ascendance de près de 7 millions d’utilisateurs.
La fondatrice et PDG, Anne Wojcicki, a alimenté les flammes en envisageant une vente à des tiers pour ensuite annoncer une volonté de privatisation de la société. Rebelote ! L’effet yo-yo a eu raison des membres du conseil d’administration qui ont préféré se retirer du navire, bien avant qu’il ne s’échoua. Wojcicki a ensuite décidé de rendre les armes en démissionnant après le choix de déposer le bilan en mars 2024.
Finalement, que va-t-il advenir de nos héritages génétiques?
Pour les dizaines de millions de clients qui ont confié leur génome à 23andMe, l’avenir paraît soudain bien incertain. Non couvert par le fameux HIPAA, le bouclier des données médicales sensibles, 23andMe semble suivre ses propres règles de confidentialité, ou peut-être l’un de ces guides « choisissez votre aventure ». Si jamais une vente a lieu, des millions de profils génétiques pourraient faire partie d’un deal.
Le rapport de transparence de 23andMe affirme qu’ils n’ont jamais partagé les données des utilisateurs avec les assureurs ou la police, sauf mandat. Une consolation peut-être, mais ce serait une bien curieuse ironie si une vente ouvrait la voie à l’opposé. Les acheteurs potentiels pourraient vouloir exploiter ce coffre de données pour d’autres fins que celles prévues à l’origine.
Face à cette perspective, certains clients, sur les conseils de figures comme Meredith Whittaker, choisissent de fermer leur compte et de réclamer la suppression de leurs données. Pour les intéressés, sachez que c’est un processus simple mais non exempts de retenues—aussi tenaces que du chewing-gum collé à votre chaussure.
En fin de compte, même si vos données ADN ne se promènent jamais sur un tapis rouge de vente, c’est peut-être le moment de les mettre à l’abri avant que 23andMe ne devienne 23–et-adieu. Comme on dit souvent, « à défaut de tourner avec un bon gène, évitez de tourner en zygote! ».
Source : Techcrunch