Pourquoi l’enthousiasme autour de l’agriculture verticale semble-t-il s’essouffler si rapidement ? C’est la question que l’on se pose alors que Plenty, une entreprise pionnière dans ce secteur, vient de se déclarer en faillite. Quelle est donc la cause de ce revers pour une société qui avait pourtant toutes les cartes en main pour réussir ?
Plenty a récemment annoncé avoir déposé son bilan, suscitant l’étonnement dans l’industrie. Avec un engagement de financement de 20,7 millions de dollars en vue d’une restructuration, l’entreprise, basée à South San Francisco, continue néanmoins à exploiter une ferme de fraises en Virginie et un centre de R&D au Wyoming. Comment une entreprise ayant levé près d’un milliard de dollars en moins de dix ans peut-elle se retrouver dans une telle situation ?
Le financement en cours de faillite, souvent utilisé dans les procédures de Chapter 11, est censé offrir une bouffée d’air aux entreprises dans la tourmente. Cependant, suffit-il vraiment à redresser la barre d’une entreprise qui, en janvier 2022, mégalomanait sur une valorisation de 1,9 milliard de dollars après un financement de 400 millions en série E ? Il semblerait que la pluie d’investissements massifs, notamment de la part de SoftBank Investment Advisers, Walmart, Bezos Expeditions, et même Jeff Bezos, n’ait pas été suffisante pour garantir la pérennité de Plenty.
La question qui persiste est de savoir pourquoi une industrie aussi prometteuse rencontre tant d’obstacles.
Observons le cas de Bowery Farming, une autre licorne de l’agriculture technologique. Valorisée à 2 milliards de dollars après avoir levé plus de 700 millions, elle a cessé ses activités en 2024. Et AeroFarms ? Plus de 300 millions levés avant de sombrer dans la protection du Chapter 11, pour à peine sortir de l’eau définitivement à l’automne 2023. La situation est-elle représentative d’un marché en difficulté ou d’une bulle spéculative récemment éclatée?
D’aucuns pourraient dire que ces échecs signalent une saturation des investissements face à un modèle économique incertain. AppHarvest illustre bien cette problématique. Avec un énorme capital collecté avant son introduction en bourse en 2021, l’entreprise a néanmoins demandé la protection du Chapter 11 dès 2023. Qu’est-ce qui pousse ces entreprises autrefois florissantes à s’écrouler si subitement ?
Ces récents événements invitent à une profonde réflexion sur l’avenir de l’agriculture verticale. Quelles sont les leçons à tirer de ce tsunami de dépôts de bilan ? Est-ce une simple crise passagère ou un signe annonciateur des défis indescriptibles dans le développement durable et la sécurité alimentaire à l’aube du XXIe siècle ? Alors que les acteurs de l’agriculture verticale se trouvent dans la tourmente, le secteur pourra-t-il véritablement se redresser?
Source : Techcrunch