Comment une entreprise de capital-risque parvient-elle à séduire l’écosystème des startups en pleine effervescence ? C’est la question que l’on pourrait se poser au sujet de Daphni, la société de capital-risque française qui vient de lever avec succès 200 millions d’euros pour son nouveau fonds, Daphni Blue. Ce montant significatif pourrait atteindre jusqu’à 250 millions d’euros d’ici la fin de l’année. Ce fonds est-il suffisant pour faire de Daphni un acteur incontournable dans le monde de l’investissement tech ?
Avec des participations notables dans des sociétés comme Back Market, Swile, Hubcycle et Pasqal, Daphni ne cesse de s’étendre. Ce fonds est destiné à financer 40 startups supplémentaires, mais comment ces startups seront-elles choisies parmi tant d’innovations prometteuses ? Les partenaires du fonds, notamment le Crédit Mutuel Arkéa, Bpifrance et d’autres, semblent avoir confiance en la stratégie de Daphni, mais sur quoi repose réellement cette foi ?
La distinction de Daphni semble résider dans sa volonté de se démarquer et de soutenir des projets durables. Pierre-Eric Leibovici, co-fondateur de Daphni, exprime l’importance de s’interroger sur l’originalité et la durabilité des technologies et services au moment de l’investissement. Mais comment parviennent-ils à identifier ces innovations avant les autres ?
Daphni mise sur une nouvelle approche en focalisant ses investissements sur des sciences fondamentales telles que la physique, la biologie ou les mathématiques, pour être en avance sur le prochain grand bond technologique.
L’intelligence artificielle semble être sur toutes les lèvres des investisseurs, pourtant Daphni choisit de mettre en avant la science. Une décision audacieuse ? Leibovici souligne que des avancées comme l’informatique quantique reposent sur des technologies complexes qui associent la physique aux logiciels. Mais cette approche scientifique est-elle en adéquation avec le rythme rapide du secteur technologique ?
Recruter des profils académiques, particulièrement des doctorants et des diplômés de doctorat, fait partie de la stratégie de Daphni pour rester à la pointe de l’innovation. Leibovici observe une tendance chez les jeunes chercheurs qui, inspirés par leurs pairs, se montrent ouverts à l’entrepreneuriat. Ce changement de mentalité est-il suffisant pour dynamiser l’environnement technologique européen ?
Dans ce contexte, Daphni ne semble pas influencé par le mouvement des universités françaises cherchant à attirer des chercheurs américains. Selon Leibovici, leur tournant vers les sciences fondamentales est une initiative antérieure à cette tendance. Mais comment ce positionnement affectera-t-il leur capacité d’attraction ?
Alors que Daphni doit désormais prouver l’efficacité de sa stratégie d’investissement, la question demeurant est : ce fonds sera-t-il à la hauteur des attentes élevées des investisseurs ? Leibovici rappelle que lever des fonds n’est pas une fin en soi; le véritable défi est de réaliser des retours sur investissement significatifs. Quelle sera donc la prochaine étape cruciale pour Daphni dans cette aventure ?
Source : Techcrunch